
Full metal Constest 2010.
Cet année encore, un bon pretexte pour The CNK (ndla : le groupe dans lequel j'officie) pour aller se creer des os brisés et des emmerdes à peu de frais. Laissez moi vous affranchir du principe : Une station de ski, un "contest" de "free ride" (comprendre une "course" au "suicide") durant la journée, et un concert le soir. En rude Savoie : la station des Ménuires. Nos bottes sont cirées, nos dents blanchies à la soude, notre mentule dressée, prête à rependre notre ADN sur les cimes de France. Et pas avec le menu frottin, jugez plutôt : Nous ouvrons pour Suicidal Tendencies. Pour les trop nombreux philistins qui fréquentent ces pages, il s'agit du groupe mythique de Venice Beach, dans lequel officiait le bassiste de Metallica il y'a encore quelques années.
Des notre arrivée, nous sommes accueillis à bras ouvert par les locaux, peau de sac à main, jambe dans le plâtre, genépi maison au poing. Les Ménuires chantent notre nom, monsieur le maire nous remet les clés de la ville, les enfants nous poursuivent en riant dans la rue, le curé nous conjure d'aller frotter le cul de la vierge ornant sa paroisse à la con, les vieille nous demandent de les bénir... Enfin, le topo rasoir habituel dés qu'on débarque quelque part.
Je vais tenter de passer vite sur le fest en lui même et la journée qui le précède. On skie en uniforme, on se saoule au vin chaud sur le snowpark situé à 2400m d'altitude en ecoutant du venom tres fort. Des mecs crachent du feu à la torche sur des skieurs tentant de faire les pires accrobaties dans le but de perdre l'usage de leur jambes, et c'est la tempête de neige. Comme si la ceremonie d'ouverture des J.O. d'hiver s'etait trouvé comme thématique "Fête forraine autodestructrice à Stalingrad".
Puis le soir, le concert. Probablement le meilleur du groupe. Public s'approchant des 1000 personnes, dont une petite frange de fanatiques qui n'ont d'ailleurs pas hesiter à arracher de la scène notre aimé leader pour la quasi intégralité du dernier titre. Ce qui ne fut pas chose simple pour lui à gerer. Effectivement, quelques heures avant, ce dernier s'etait félé une côte en marchant sur la tête de son épouse. Et comme on a mangé une fondue juste avant de monter sur scène, le tout arrosé de litres de notre cher sponsor pas bon... Bref, l'esprit est à peu prés aussi sain que le corps.
La suite non plus n'est pas triste. Car alors que mes camarades prennent la route pour la capitale, moi je reste 3 jours de plus.
Avec Les locaux.
Les savoyards.
J'ai déjà longuement péroré sur ce peuple rustique et grognard mais chaleureux, au génôme parfois autocentré ("alors comme ça, vos parents sont frère et soeur...?"), aux pratiques violentes, dangereusement autonomistes, et prêtant à la vie des hommes à peu prés autant de valeur que celle des cochons, auquels ils vouent un culte. Quelque soit son age, le savoyard aime à produire lui même son boire et son manger, avec les bons produits du terrain. Dans le décor 70's tres orange de mon petit appartement sur la station, nous goutons le fameux genépi 40/40/40 (40 sucres, 40 brins de Genépi, 40 jours) même si son producteur râle à me donner la recette, préférant de prime abbord un "on fait ca avec les trucs qui trainent dans a montagne, on les met dans la gnôle, on sucre et voila". Autour d'un excellent "Sauss'" (saucice sèche) élaboré avec amour par mon désormais ami Fabien, nous nous préparons à aller diner. Au "Montagnard". Non sans avoir accepté avec grand joie un bocal de "paté aux trompettes de la mort".
Arrivé sur place, nous commandons des "Paillasses bellevilloises" et j'écoute Jean me raconter une histoire. La plus belle des histoires. L'histoire de la vipèrine. "Si tu veux j'en ai à la boutique, on y passe aprés le repas."
Qu'est ce que la vipèrine?
C'est quand tu prends une bonne grosse vipère ("c'est super facile à attrapper, faut juste un bout de bois et courrir aprés"), que tu lui fait cracher son venin dans de la gnole. Et qu'aprés, comme tu va pas jeter la vipère, bah tu la noie dans la gnole. Glouglou. Et puis bah tu ferme et tu laisse "donner du goût". Ca c'etait en 1999. Et nous sommes en 2010. "Elle est à point là".
Le goût... est assez... terreux, avec un petit côté tourbé ("ça c'est le venin, mais y'en a pas assez, c'est pas dangereux"). Dans de la gnole à 70%. Un délice.
Vous l'aurez compris, le depaysement passe parfois par des choses simples. Trompettes de la mort, paillasse et vipèrine. On me promet pour cet été un "ragoût de marmotte". "C'est assez fort comme goût, et c'est plein de petits os, faut faire gaffe. Et quand tu la tue, faut pas percer la ratte, sinon c'est degueu apres".
"Ah non, c'est plus gros qu'un rat, et c'est meilleur".
À l'année prochaine.
À Fab, Manu, Jeremy, Jean, et la brochette de mouflons à béquilles qui m'ont fait passer quelques heures que je suis loin d'oublier.
5 commentaires:
La Vie, la vraie.
Vache, jamais goûté la "Vipérine", voilà ma curiosité tout éveillée...
C'est un peu les escapades de Petit Renaud (http://www.france5.fr/escapades/). Mais en plus goûteux.
je vendrais ma mère pour une poignée de craterellus.
Je suis heureux que vous ayez apprécié le temps, monsieur Val. estomac solide = + 3. Uhu. Je veux voir CNK fois!
Il est bien agréable d'avoir de vos nouvelles M. Valnoir.
Vos aventures sont toujours aussi singulières même si celles de la faune New-Yorkaise sont tout de même plus exotiques.
Enregistrer un commentaire