Postier, que de fois ne t'ais-je, moi et la France entière, accordé toute ma fragile confiance. Et que de fois n'as tu humilié cette confiance impunément? Ton empire absolu ne nous laissant guère de choix que celui de l'enfant qui ne choisit pas son père, je me dois de t'aimer, ou c'est la mort. Je me dois de t'aimer, que tu sois un modèle élevé à la Dolto, ou de la vermine bouchonnée, voire de la racaille à poteau. Le père est le fil qui rattache l'enfant à la vie, ainsi est faite l'existence. Le souci étant que, nés sur les lattes de ton plancher pourri, la France, et moi même n'avons pas eu la chance du rejeton d'extraction simple mais aimante, fiable et travailleuse. Non, nous sommes tombé sous le coup de la paternité négligente, aux organes mangés par la poivrade, sourd et aveugle à autre chose qu'aux plaintes de son moindre effort.
Car oui, postier, tu es de la pire race des branleurs lymphatiques. Rouge gorge, rouge cul et rouge gueule, tu ne sais tirer qu'au flanc, tentant d'échapper à ta mission simpliste et pourtant pas sans noblesse : livrer. Mission à laquelle tu es infoutu de pourvoir parce qu’il y'a des escaliers. Ou une clé à tourner. Ou un bouton de trop sur lequel appuyer. Alors tu va laisser ton avis de passage, manifeste de ton inutilité et de ton incompétence : motif de non livraison : "porte codée", mais "je repasserais demain"! Et oui connard, par magie, demain la porte ne sera plus codée! Et une partie importante de moi dépendante de toi devra tourner en rond encore 2 jours pour pouvoir récupérer mon dû qui t'as été confié, parce que "la porte était codée". Et ton collègue, ce raseur de poil de main, qui vous fait à tous le tort de faire correctement sa petite besogne, qui livre au troisième étage? Elle n’était pas codée la porte pour lui? Elle n’est jamais codée? C'est le copain de la porte? Bisou-porte?
Tu as beau te syndiquer en troupeau rouge, évier à pastis, emmancheur de grévistes, pour défendre ta sieste perpétuelle et maintenir l'inutilité de ton existence à son paroxysme... Il existe, celui qui tape à ma porte, et qui ne s'amusera pas à voler 48h de ma vie. Lui signe l'arrêt de vie des gens de ta race, il fait exister et justifie la haine, ma haine. Tu nous ruines, et tu nous encules, en sifflotant, sans embrasser, bien à l’abri derrière ton anonymat, le même qui protégeait les donneurs de juifs, et tu nargues d'un avis de passage. Tu fais naitre la pulsion du meurtre, l'envie de t'attendre dans la cage d'escalier, barre à mine au poing, et de broyer tes rotules pour flagrant délit de flemme. Tu fais vivre la nécessité de fondre par millions sur ton assemblée syndicale et de t'écorcher vif, toi et les tiens, jusqu'au dernier lambeau.
L'espoir de la privatisation fait pourtant en nous tous naître un fol espoir. Un service fiable et mené par autre chose qu'un troupeau de beaufs nuisibles, mangés par la vermine du syndicalisme, élevée sous le soleil du RMI. Alors il en sera terminé des aller-et-retours dans ces temples du quart-monde désertés par la grâce, que le capitalisme aura plus surement encore nettoyé que les flammes de notre Némésis.
Et merci bien.
jeudi 14 octobre 2010
Brejnev, La Poste à la porte!
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1 commentaires:
Je ne vois pas comment un post sur un tel sujet n'a recueilli aucun commentaire. Je vais donc m'y coller.
Des postiers, j'en ai croisé de toutes sortes :
- celui ne voulait pas rentrer sur le chemin privé pour un recommandé que j'attendais patiemment assise dans ma chambre, revenue spécialement pour l'occasion entre midi et deux (et il ne s'agit que d'un exemple).
- celui qui ne veut pas prendre la côte un petit peu trop à pic à son goût pour recommandés et autres colis alors qu'on est là-haut à attendre et pester de devoir aller en ville le lendemain, faire la queue, par sa seule faute (ben oui, on était sûr qu'il montrait pas, mais on ne pouvait tout de même pas attendre devant la BAL tous les matins).
- celui qui roule à gauche pour déposer les lettres dans les BAL sans avoir à sortir.
- celui qui n'est pas capable de sonner au motif qu'il n'y a pas de nom sur la sonnette (c'est vrai que deux sonnettes ça fait beaucoup trop de possibilités), qui met le courrier au 56bis au lieu du 56 (chez moi), qui fait mine d'être trop occupé quand je lui demande de faire attention (il y a quand même mon nom au 56) (mais qui finit heureusement tout de même par mettre le courrier dans la bonne BAL.
Les postiers, plus ça va, moins ça va.
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